Suisse 0-0 Colombie
Il y a un silence particulier qui tombe sur un stade juste avant une séance de tirs au but. Pas le calme nerveux d’une bibliothèque, mais quelque chose de plus épais, de plus humain – la retenue collective du souffle, la soudaine conscience de chaque battement de cœur. Au Lincoln Financial Field, sous les projecteurs d’une soirée philadelphienne qui refusait de se rafraîchir, ce silence a enveloppé 67 000 âmes.
Publié : July 7, 2026

Le contenu de la bande dessinée et les statistiques des matchs sont uniquement à des fins de divertissement et peuvent contenir des inexactitudes. Pour les données précises, veuillez consulter le site officiel de la référence.
# Suisse 0-0 Colombie (4-3 tab)
Tout a commencé, comme toutes les grandes séances de tirs au but, par un échec.
Davinson Sanchez, de la Colombie, s'est avancé au BC Place de Vancouver, un stade qui avait passé deux heures à attendre quelque chose – n'importe quoi – pour départager deux équipes qui s'étaient neutralisées complètement. Ce huitième de finale de la Coupe du monde 2026 entre la Suisse et la Colombie avait produit des cartons jaunes, des remplacements, des jambes fatiguées et exactement zéro but. Et maintenant, avec un score toujours de 0-0 après 120 minutes, tout se jouait sur cela : un homme, un ballon, un instant.
Sanchez a placé le ballon. Pris son élan. Frappé en force au sol. Yann Sommer a parfaitement lu la trajectoire et l'a repoussée. Le capitaine colombien avait craqué le premier.
Le match lui-même avait été une partie d'échecs jouée au ralenti. La Suisse, disciplinée et compacte, construite autour de l'influence gravitationnelle de Granit Xhaka au milieu de terrain. La Colombie, en quête de la magie de James Rodriguez, entré en jeu à la 66e minute sous une clameur qui a secoué la nuit vancouvéroise. Mais la magie a besoin d'espace, et les Suisses n'en ont accordé aucun.
Xhaka a été averti à la 51e minute pour un tacle en retard. Denis Zakaria a suivi à la 59e minute. Luis Suarez de la Colombie – le milieu de terrain, pas le célèbre – les a rejoints une minute plus tard. L'arbitre était occupé, le rythme du jeu brisé en fragments. Les remplacements s'enchaînaient comme sur des roulettes : Rodriguez et Arias pour la Colombie, Ricardo Rodriguez pour la Suisse. Chaque changement semblait significatif. Chaque changement ne changeait rien.
La seconde période des prolongations s'est déroulée comme la première, et comme la seconde période du temps règlementaire avant elle. Tension sans relâche. Structure sans percussion. À la 119e minute, quand la Colombie a fait entrer J. Lucumi comme pour se préparer à ce que tout le monde savait arriver, le match était devenu une longue marche vers une conclusion unique et brutale.
Et puis les tirs au but ont commencé.
Sanchez a manqué. Zeki Amdouni a marqué. J. Campaz a marqué. Manuel Akanji a manqué – le genre de penalty dont on sent qu'il va mal tourner avant même que le pied ne touche le ballon. C. Hernandez a également manqué, son tir faible en plein centre, une prière sans conviction. Cedric Itten a marqué. Luis Diaz a marqué, froid comme l'hiver. Ruben Vargas a marqué. Et soudain, après cinq rounds tendus, la séance s'affichait à 4-3. La Suisse avait remporté un match à élimination directe sans encaisser le moindre but dans le jeu sur 120 minutes.
Xhaka, qui avait porté son équipe à travers la bataille du milieu avec ce carton jaune épinglé au bras comme un insigne d'honneur, s'est dirigé lentement pour fêter avec ses coéquipiers. Il n'avait pas marqué – personne n'avait marqué, ni dans le temps règlementaire, ni dans les prolongations. Mais il avait maintenu cette équipe soudée. Et dans un match où les buts étaient introuvables, c'était tout ce qui comptait.
Pour la Colombie, c'est une malchance cruelle. Ils ont défendu brillamment, créé des éclairs, fait entrer James Rodriguez pour tisser sa toile du pied gauche à travers les lignes suisses. Mais le dernier mot est revenu à Sanchez, un défenseur central qui avait joué le match de sa vie pendant 119 minutes, pour le voir défini par celle qui a suivi.
La Suisse affrontera l'Argentine en quart de finale – Messi, les champions, un tout autre genre de test. Mais pour une nuit à Vancouver, ils ont prouvé quelque chose de plus discret et tout aussi précieux : on n'a pas besoin de buts pour gagner un match de football. Il suffit d'avoir des nerfs.

